En ce moment avec Willow Voges Fernandes

2026-07-08

Il peut s'en passer des choses en deux ans. Depuis notre dernière rencontre avec Willow, le rider originaire de Hambourg est passé pro chez GX1000, a renforcé son lien avec sa ville natale et, au moment où nous écrivons ces lignes, vient tout juste de dévoiler son tout premier coloris signature chez Vans, entouré de ses proches, de ses amis et de sa famille à Hambourg pour célébrer l'événement. Alors qu'un nouveau projet vidéo est en préparation et que de nombreux kilomètres l'attendent encore, nous avons appelé Willow pour parler chaussures, ville natale, amitiés, inspirations venues d'autres disciplines et équilibre entre style et performance, sur la planche comme en dehors.

 

Où est-ce qu'on te trouve en ce moment ?

Je suis à Hambourg, en train de récupérer après le gros week-end de lancement de ma chaussure !

 

Raconte-nous ce week-end de lancement.

En réalité, c'était plutôt toute une semaine !

 

Tout a commencé le lundi, quand l'équipe Vans est arrivée à Hambourg. On a passé plusieurs jours à filmer dans les rues et, comme d'habitude, on s'est vraiment éclatés. C'était génial de voir les potes filmer quelques clips dans ma ville, ça avait quelque chose de vraiment spécial. On a fait ça jusqu'au vendredi, puis il a commencé à faire beaucoup trop chaud pour filmer. On est donc allés au bord du lac, on a profité du soleil, allumé le barbecue, puis retrouvé les amis, la famille et l'équipe Vans autour d'un dîner.

 

Le samedi a suivi le même rythme jusqu'au moment où on s'est retrouvés chez Lobby Skate Shop pour le lancement de la chaussure. Il y avait aussi une petite exposition avec des photos de Davey (DVL) et de plusieurs autres photographes. J'ai été vraiment touché de voir autant de monde venir.

 

Le dimanche, c'était la session du Go Skateboarding Day à la Rollschuhbahn, l'un des principaux spots de la ville. Avec Vans, on avait imaginé un nouvel obstacle spécialement pour l'occasion. Voir les riders et les locaux se l'approprier dès les premières minutes, c'était incroyable. Beaucoup nous ont dit que c'était exactement ce qu'il manquait à ce spot, et ça m'a vraiment fait plaisir.

 

Au final, c'était un week-end parfaitement réussi.

 

Un immense merci à Chris et à toute l'équipe Vans, qui ont mis énormément de cœur, d'énergie et de travail dans ce projet et qui ont toujours été là pour moi. C'était un véritable honneur et je suis profondément reconnaissant envers chacun d'entre eux. Je ne pouvais pas imaginer une meilleure façon de célébrer ce projet avec toutes les personnes qui ont fait partie de cette aventure.

 

Qu'est-ce qui rend Hambourg si spéciale à tes yeux ?

C'est tout simplement ma ville. J'y suis né et j'y ai grandi.

 

Mes amis, ma famille et toute ma bande sont là-bas. Chaque fois que je rentre d'un voyage, j'ai l'impression de remettre les compteurs à zéro. C'est mon refuge, un endroit où je me sens chez moi. Avec les années, j'ai appris à apprécier ça de plus en plus.

 

Hambourg possède aussi une énergie unique. C'est une ville portuaire, avec l'un des plus grands ports d'Europe, donc il y a toujours du mouvement. Les gens arrivent, repartent, et ça crée une atmosphère vraiment particulière. L'été est incroyable : les journées sont très longues parce qu'on est tout au nord de l'Allemagne, il fait beau et on peut skater quasiment sans s'arrêter. L'hiver, c'est tout l'inverse : il fait plus sombre, plus froid et plus venteux. Mais malgré ça, la ville garde un caractère qui me ramène toujours ici. C'est le genre d'endroit qui finit par faire partie de toi.

 

Nous avions discuté ensemble il y a deux ans. Qu'est-ce qui a changé depuis ?

À vrai dire… tout, et en même temps pas grand-chose.

 

Je vis toujours à Hambourg et j'apprécie toujours autant cet équilibre entre les voyages et le retour à la maison. Personnellement, certaines choses ont évolué, mais ce que j'ai surtout compris, c'est à quel point il est important d'avoir un endroit où revenir.

 

Quand on passe son temps à voyager, toutes les villes finissent un peu par se ressembler. Avoir un lieu où l'on se sent vraiment ancré devient encore plus essentiel. Pour moi, ce lieu, c'est Hambourg, et je n'ai aucune envie de partir vivre ailleurs.

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Tu es récemment passé pro chez GX1000. Comment tout ça s'est-il fait ?

Tout s'est fait assez naturellement. À l'époque, je roulais pour une distribution qui distribuait aussi Polar. Quand cette collaboration s'est arrêtée, GX est venu en Europe, notamment à Paris et Stuttgart, à la recherche d'un rider local pour rejoindre un trip. Quelqu'un leur a montré quelques images de moi, et ils m'ont invité à partir avec la team.

 

Je me souviens encore de notre première rencontre à Paris. J'étais vraiment nerveux, parce que je regardais les vidéos de GX depuis des années. D'un coup, je me retrouvais à skater avec des personnes que j'admirais depuis longtemps. Mais le courant est tout de suite passé. Depuis, on voyage régulièrement ensemble, j'ai passé beaucoup de temps à San Francisco et je suis devenu très proche de toute l'équipe. Tout est allé beaucoup plus vite que je ne l'aurais imaginé, alors devenir pro me paraît encore assez irréel.

 

C'est un immense honneur. Je ne sais pas quoi dire d'autre.

 

Comment t'ont-ils annoncé la nouvelle ?

C'était à Athènes, il y a environ un mois, pendant un trip réunissant la team GX et la team Vans Europe, deux crews qui comptent énormément pour moi. La team Vans, c'est celle avec qui je suis parti en skate trip depuis le tout début.

 

Avec le recul, c'était l'endroit idéal pour vivre ce moment. Beaucoup de mes amis les plus proches étaient présents, et ce sont précisément les personnes avec qui on a envie de partager ce genre d'instant. Tout semblait sincère, presque irréel, et le vivre avec eux l'a rendu encore plus spécial.

 

En parlant de crew, raconte-nous l'histoire de la Bug Crew.

La Bug Crew, c'est ma bande à Hambourg. Moritz Ueberall filme pratiquement tout ce qu'on fait, et ça fait des années qu'on réalise des vidéos ensemble. On a commencé à l'époque des caméras VX, puis on est passés à la HD, sans jamais vraiment arrêter de filmer.

 

Aujourd'hui, tout le monde est un peu plus occupé et on voyage davantage, mais ce sont toujours mes amis les plus proches.

 

Avoir une crew comme celle-là dans sa ville, c'est quelque chose que je ne considère jamais comme acquis. Peu importe où le skate m'emmène, ce sont toujours eux que j'ai envie de retrouver et avec qui j'ai envie de skater.

 

Parlons de la chaussure. Comment ce projet est-il né ?

Ça fait déjà un bon moment qu'on travaille dessus, alors la voir enfin sortir paraît presque irréel. C'est mon tout premier coloris signature, ce qui rend déjà le projet très spécial. En parallèle, j'ai aussi filmé un nouveau video part entièrement avec cette chaussure. Tout est lié.

 

Ce n'est pas simplement le lancement d'un produit. Cette chaussure représente un nouveau chapitre de mon parcours dans le skate, avec énormément de travail réalisé en coulisses. Pour moi, ça signifie vraiment beaucoup.

 

Comment s'est déroulé le processus de création ?

L'équipe design de Vans m'a présenté la Old Skool et la WaffleCup™, puis m'a demandé ce que j'avais envie d'en faire.

 

J'ai pu choisir les couleurs et ajouter des détails qui avaient une vraie signification pour moi. La BUG Crew porte le nom d'un chien, c'est pourquoi on retrouve une petite illustration sur la semelle intérieure. Il y a aussi un logo BUG personnalisé au niveau du talon, créé à l'origine par des amis.

 

Ces détails étaient essentiels, parce que je voulais que cette chaussure raconte d'où je viens et rende hommage aux personnes qui m'entourent.

 

J'ai toujours aimé les chaussures en cuir noir et je voulais quelque chose de simple, intemporel. J'aime aussi beaucoup l'idée d'une chaussure qui révèle une autre couleur au fil de l'usure. Ce n'est pas un concept nouveau, mais c'est quelque chose que j'ai toujours eu envie de skater.

 

Au final, le résultat correspond exactement au type de chaussure que je choisirais de porter tous les jours.

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Parlons technique. Comment se comporte la WaffleCup™ ?

Honnêtement, j'étais un peu sceptique au début. J'ai toujours aimé les Vans classiques telles qu'elles sont, donc je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre avec la WaffleCup™. Puis je les ai essayées en skate et j'ai été vraiment surpris. Le maintien supplémentaire au niveau du talon change énormément de choses. On encaisse beaucoup mieux les gros impacts, la chaussure reste stable et elle garde sa structure plus longtemps. Elle ne s'assouplit pas aussi vite. Quand on saute et qu'on retombe fort sur les talons, on sent vraiment tout le maintien qu'elle apporte.

 

Elle conserve toutes les sensations d'une Vans, avec juste ce qu'il faut de soutien supplémentaire là où on en a besoin.

 

Pour ma façon de skater aujourd'hui, c'est exactement ce qu'il me faut.

 

Le débat entre style et performance fait partie du skate depuis toujours. Est-ce que cette chaussure trouve le bon équilibre ?

Complètement.

 

Sans la WaffleCup™, une Old Skool peut être assez exigeante pour les pieds. La WaffleCup™ apporte davantage de maintien et de stabilité, sans perdre la silhouette que j'aime tant. Pour moi, c'est précisément là que l'esthétique rencontre la performance.

 

Je voulais une chaussure qui soit belle, agréable à porter et performante sur la planche. Je crois que c'est celle qui s'en rapproche le plus.

 

Y a-t-il des modèles Vans qui ont marqué tes goûts quand tu étais plus jeune ?

Pendant des années, la Half Cab a été ma préférée. Avant ça, c'était toujours les Slip-On. Je me souviens aller dans les magasins avec mon père et vouloir, à chaque fois, une paire de Checkerboard Slip-On.

 

Bien avant d'avoir un lien avec Vans à travers le skate, c'étaient déjà les modèles vers lesquels je me tournais naturellement.

 

Mon style a évolué au fil des années, tout comme les chaussures que je portais. Quand j'étais plus jeune et que je ne jurais que par les pantalons très larges, la Half Cab était parfaite. Puis mes goûts ont évolué et je suis progressivement revenu vers des silhouettes plus fines. C'est aussi pour cette raison que la Old Skool s'est imposée comme une évidence pour ce projet.

 

Tu pratiques aussi le surf et le snowboard. Est-ce que ces disciplines influencent ton skate ?

Sans aucun doute.

 

J'ai même commencé le snowboard avant le skate. Mon père m'emmenait chaque hiver à la montagne quand j'étais petit, et je pense que ça m'a donné très tôt une vraie confiance avec la vitesse.

 

Une grande partie de ce que j'aime dans le skate vient de cette sensation. J'adore descendre les pentes à toute vitesse. Quand on va vite, qu'on enchaîne les powerslides et qu'on garde cette fluidité, on retrouve beaucoup de similitudes. Que ce soit sur un snowboard, un skateboard ou une planche de surf, il y a quelque chose dans la vitesse, le flow et la manière de lire le terrain qui relie ces trois disciplines. Ce sont des sports différents, mais l'état d'esprit reste finalement très proche.

 

Y a-t-il des personnes, en dehors du skate, qui t'inspirent particulièrement ?

Arthur Longo, sans hésiter. Sa façon de rider en snowboard est magnifique. Tout paraît simple et élégant, alors qu'on sent le niveau de maîtrise qu'il y a derrière.

 

Côté surf, je dirais Mason Ho. J'adore sa créativité et sa manière d'aborder les vagues. Il voit des lignes que les autres ne voient pas.

 

On ne peut évidemment pas transposer directement le snowboard ou le surf au skate, mais on peut s'inspirer de la façon dont certains abordent leur discipline. C'est quelque chose qui m'a toujours inspiré.

 

Quels sont tes prochains objectifs ?

En ce moment, tout tourne autour du tournage. On part bientôt à Helsinki pour la HelRide, mais l'objectif principal est de filmer un nouveau video part.

 

C'est ce qui me motive le plus aujourd'hui. J'ai envie de créer quelque chose dont je serai encore fier dans plusieurs années, et surtout un projet que les gens prendront plaisir à regarder. C'est toujours ce qui me pousse à avancer.

 

Un dernier mot ?

Allez skater, et profitez du soleil.